Dans le cadre de la réalisation d’un livre blanc sur le devenir de l’assurance santé en 2030, 21 entretiens semi-directifs ont été menés afin de comprendre la vision de différents acteurs majeurs du secteur.  

Courant 2016, 13 clients ou cabinets de conseils, et 8 collaborateurs ou Seniors Advisors ont donc été interrogés pendant une heure pour recueillir leurs points de vue. Parmi les sociétés interrogées, on retrouve les groupes Aviva, Mercer, Gras Savoye, Agrica, Adrea, Allianz, Apivia, Klesia, Eovi, la MNH, mais aussi deux cabinets de conseils, les sociétés Valmen et Colombus.

Nous avons donc décidé de vous présenter les points clés de cette étude dans cet article.

L’assurance santé en 2030, un nouveau rôle pour l’assureur

 

L’assureur est un acteur majeur dans la société de nos jours. Or, sa tâche devient de plus en plus complexe. D’une part, il se doit de maintenir un bon équilibre financier, et d’autre part il doit assurer la pérennité de son activité première : rembourser les assurés. Il est amené à participer à la mise en place de services, tels que le tiers payant, qui est une forme de paiement à débit différé dont il supporte l’entièreté du risque.

Par ailleurs, le marché de l’assurance santé est aujourd’hui fortement impacté par la réglementation :

  • Les contrats sont de plus en plus normalisés, ce qui laisse une marge de manœuvre très restreinte aux assureurs

  • -Le régime obligation (RO) laisse de moins en moins de liberté aux organismes d’Assurance maladie complémentaire (AMC) : les AMC craignent de voir leur périmètre d’action se réduire de plus en plus au fil des ans.

  • Pour survivre et assurer correctement les importantes missions dont ils sont responsables, les assureurs ont ainsi amorcé le changement. On assiste petit à petit à une transformation culturelle profonde. Il devient en effet nécessaire pour les assureurs de repenser leur modèle et d’innover. Ils souhaitent cependant prendre le temps et ne pas précipiter ces changements. Ce qui n’est pas simples quand on sait que ces acteurs souffrent parfois d’une mauvaise peu flatteuse : on entend souvent que le secteur de l’assurance santé est statique, peu innovant et quelque peu vieillot.

    On note tout de même une bonne nouvelle : de nouveaux acteurs commencent à proposer de nouveaux modèles et vont s’efforcer de transformer le marché pour ainsi permettre d’accélérer le changement.

    Le changement va également venir de l’initiative des acteurs historiques en lien avec leurs parties prenantes et d’une redéfinition de leur champ d’intervention. Cela consistera à moins rembourser la « bobologie » pour se recentrer sur le risque lourd.

 

Et les GAFA, futurs assureurs ou prestataires de services ?

 

Cet acronyme désigne les géants de l’internet, Google, Apple, Facebook et Amazon qui ont en commun le poids économique considérable, le leadership et la capacité d’innovation.

Selon les assureurs santé, les GAFA ne seront pas des concurrents directs des assureurs pour trois raisons principales. Premièrement, ils s’attaquent à un univers trop complexe qui nécessite une expertise technique et métier. Deuxièmement, la rentabilité du marché est jugée trop faible pour être attractive. Enfin troisièmement, le cadre réglementaire est trop contraignant et constitue un frein à tout nouvel entrant sur le marché.

Cependant il reste aux GAFA une porte étroite pour entrer sur le marché. Ces géants du web s’imaginent davantage comme prestataires de services santé uniquement et souhaitent se positionner sur des services crées à partir de données qu’ils récoltent. Une fonction qui pourrait être combinée avec celle de courtier, en orientant les clients ayant souscrit aux services vers un pool d’assureurs partenaires.

 

Quelles innovations produit pour se différencier ?

 

Les assureurs sont également prêts à revoir la carrosserie de leur offre, mais aussi, son moteur : de nouveaux contrats santé, plus en phase avec les nouveaux comportements et les enjeux de la maîtrise des coûts. Ainsi l’offre de produits d’assurance santé en 2030 proposera de nouvelles formes de mutualisation : en fonction de l’activité professionnelle, des loisirs, des services souscrits, de l’âge ou encore de l’appartenance à une même famille.

L’offre produit de 2030 donnera à l’assuré davantage de souplesse dans la gestion des contrats : il pourra ainsi activer des garanties pour une durée ou une activité spécifique et modifier ses garanties en temps réel.

De plus, les contrats de 2030 s’étendront sur les produits hors santé tel que l’IARD (Incendie, Accidents, Risques Divers) et des contrats spécifiques devront être élaborés pour les affectations longues durée (ALD).

Le Big Data, accélérateur de changement

Le Big Data dans l’assurance santé va permettre une amélioration de la connaissance client, ce qui permettra de se différencier et d’apporter les bons services au bon moment. De plus, ce service va servir d’outil de pilotage pour les sociétés ce qui facilitera les discussions avec les DRH et les partenaires sociaux.

L’utilisation du Big Data permet aussi de lutter contre la fraude, « un sujet évident »  qui intéresse les assureurs.

  • Pour avoir plus d’informations sur ce sujet, téléchargez gratuitement notre livre blanc "Et vous, quel assureur serez-vous en 2030 ?".

 

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Par Cegedim